
# Les plus belles escales autour de Marseille
Le littoral marseillais offre aux plaisanciers une diversité d’escales remarquables, alliant richesses naturelles et patrimoine maritime exceptionnel. Des criques sauvages des Calanques aux ports abrités de la Côte Bleue, chaque mouillage révèle un visage singulier de la Méditerranée provençale. La navigation dans ces eaux suppose toutefois une connaissance approfondie des conditions météorologiques locales, notamment du mistral qui balaye régulièrement cette portion du littoral, ainsi qu’une parfaite maîtrise de la réglementation maritime stricte qui protège ces environnements fragiles. Entre falaises calcaires plongeant dans des eaux cristallines, archipels rocheux façonnés par les éléments et herbiers de posidonie à préserver absolument, vous découvrirez un territoire nautique d’une beauté saisissante où l’histoire maritime se conjugue avec une nature méditerranéenne préservée.
Les calanques de cassis : navigation entre falaises calcaires et eaux turquoise
Le massif des Calanques constitue l’une des destinations nautiques les plus prisées du littoral provençal. Ces formations géologiques spectaculaires, sculptées par l’érosion durant des millénaires, offrent des mouillages d’une beauté exceptionnelle entre Marseille et Cassis. La roche calcaire blanche contraste magnifiquement avec le bleu profond de la Méditerranée, créant des paysages qui attirent chaque année des milliers de navigateurs. La navigation dans ce secteur exige néanmoins une attention particulière aux conditions météorologiques et une connaissance précise des zones autorisées, car le Parc National des Calanques impose des restrictions importantes pour préserver cet écosystème fragile. Les falaises du Cap Canaille, culminant à près de 400 mètres, constituent le point de repère majeur pour l’approche depuis le large.
Mouillage en calanque de Port-Miou : profondeur et protection contre le mistral
Port-Miou représente la première calanque accessible depuis Cassis, s’enfonçant sur près de 1 500 mètres dans les terres. Cette ancienne carrière d’extraction de pierre calcaire offre aujourd’hui un mouillage relativement protégé, avec des fonds variant entre 5 et 15 mètres. La configuration en fjord de cette calanque procure une excellente protection contre le mistral, bien que les rafales puissent parfois s’engouffrer dans le goulet. L’eau, légèrement moins transparente qu’ailleurs en raison de sources d’eau douce sous-marines, conserve néanmoins une température agréable durant la saison estivale. Le mouillage sur ancre est autorisé dans certaines zones délimitées, en évitant impérativement les herbiers de posidonie signalés par des bouées jaunes. Un port de plaisance occupe le fond de la calanque, offrant environ 500 anneaux pour les visiteurs souhaitant bénéficier d’infrastructures complètes.
Calanque d’En-Vau : accès nautique restreint et réglementation du parc national
La Calanque d’En-Vau incarne probablement la plus spectaculaire des calanques marseillaises, avec ses aiguilles calcaires qui encadrent une plage de galets blancs. L’accès nautique à cette merveille naturelle fait l’objet d’une réglementation stricte durant la période estivale, avec une interdiction totale de mouillage dans la calanque elle-même pour protéger les fonds marins exceptionnels. Les plaisanciers peuvent néanmoins admirer ce site depuis le large, en
pénétrant dans l’anse uniquement pour une courte période et en restant en dehors des zones balisées. Les navires doivent impérativement respecter les distances de sécurité par rapport à la plage et à la falaise, les chutes de blocs rocheux n’étant pas rares après les épisodes de pluie ou de vent fort. Pour profiter pleinement de la Calanque d’En-Vau en bateau, la meilleure option consiste souvent à mouiller plus au large, dans des zones autorisées, puis à approcher en annexe ou en paddle, lorsque les conditions de mer le permettent. Il est également recommandé de consulter en amont les arrêtés du Parc National des Calanques, régulièrement mis à jour, ainsi que les informations officielles relatives aux périodes de forte fréquentation et aux fermetures temporaires pour risque incendie.
Port-pin et ses fonds marins : zone de mouillage écologique et amarrage réglementé
Située entre Port-Miou et En-Vau, la Calanque de Port-Pin séduit par son ambiance plus intime et ses pins accrochés à la roche. Le site est toutefois particulièrement sensible sur le plan écologique, avec la présence d’herbiers de posidonie et de fonds sableux alternant avec des zones rocheuses. Le mouillage y est strictement encadré : dans les secteurs équipés, vous devrez privilégier l’utilisation de bouées de mouillage écologique mises en place pour éviter l’arrachage des herbiers par les ancres. Lorsque l’ancre est autorisée, il est impératif de la poser exclusivement sur le sable, en vérifiant visuellement la tenue grâce à un masque ou une caméra sous-marine si nécessaire. En haute saison, la fréquentation est telle que l’on recommande souvent de programmer son arrivée tôt le matin ou en fin de journée afin de limiter les risques de surdensité au mouillage et de préserver la tranquillité du lieu.
Conditions de navigation entre cap canaille et pointe cacau
Le tronçon côtier entre le Cap Canaille et la Pointe Cacau figure parmi les plus spectaculaires du littoral provençal, mais aussi parmi les plus exposés aux conditions de mer. Les hautes falaises du Cap Canaille, culminant à près de 400 mètres, génèrent parfois des effets de vent catabatique, avec des rafales descendantes qui surprennent les navigateurs peu avertis. En cas de mistral établi, la mer peut rapidement se creuser, avec une houle courte et croisée rendant inconfortable, voire délicate, la navigation des petites unités. Il est donc judicieux de planifier ce passage par météo stable, en particulier lorsque vous naviguez avec des enfants ou un équipage peu expérimenté. L’observation attentive des bulletins météo marins, la consultation des avis de grand frais et l’utilisation de cartes électroniques à jour (balisage, hauts-fonds, roches affleurantes) constituent des prérequis indispensables pour profiter sereinement de cette portion de côte d’une beauté exceptionnelle.
L’archipel du frioul : escales techniques aux îles ratonneau et pomègues
À seulement quelques milles du Vieux-Port de Marseille, l’archipel du Frioul offre une escale de choix pour les plaisanciers en quête de dépaysement rapide. Composé principalement des îles de Ratonneau, Pomègues et If, cet ensemble insulaire conjugue patrimoine militaire, criques abritées et sentiers de randonnée. Accessible en moins d’une heure de navigation depuis la rade, il constitue une destination idéale pour une sortie à la journée ou pour une nuit au mouillage. Les vents dominants, mistral et vent d’est, conditionnent largement le choix des zones d’ancrage et l’itinéraire de navigation autour des îles. Ici plus qu’ailleurs, une bonne lecture de la carte et un œil exercé sur la houle et les courants vous permettront d’optimiser votre escale et de préserver votre confort à bord.
Port du frioul : infrastructures portuaires et services nautiques disponibles
Le port du Frioul, implanté entre les îles de Ratonneau et Pomègues, propose plusieurs centaines de places à flot, dont une partie réservée au passage. Protégé de la majorité des vents par les reliefs environnants et par ses digues, il constitue un abri sûr en cas de dégradation rapide des conditions météorologiques en rade de Marseille. Vous y trouverez les principaux services attendus dans un port moderne : bornes d’eau et d’électricité, sanitaires, collecte des déchets, ainsi que quelques commerces et restaurants à proximité immédiate des quais. Pour les unités de plus grande taille, il est recommandé de réserver à l’avance durant l’été, la demande étant particulièrement forte lors des week-ends et des périodes de vacances. Grâce à sa situation centrale dans l’archipel, le port du Frioul est un excellent point de départ pour explorer à pied les sentiers de Ratonneau, rejoindre les criques abritées ou encore programmer une visite de l’île d’If toute proche.
Calanque de morgiret : mouillage forain sur sable et posidonie
Située sur l’île de Ratonneau, la calanque de Morgiret est l’un des mouillages forains les plus appréciés des plaisanciers qui visitent le Frioul. Cette anse relativement bien abritée des vents d’est offre des fonds mêlant sable et herbiers de posidonie, avec des profondeurs généralement comprises entre 3 et 8 mètres. Pour y mouiller de manière responsable, il convient de chercher les taches sableuses bien visibles par temps clair et d’éviter scrupuleusement les zones plus sombres correspondant aux herbiers. Une fois l’ancre posée, n’hésitez pas à vérifier sa tenue en tirant progressivement sur la chaîne : comme pour une maison, de bonnes fondations garantissent la sécurité de tout l’équipage. En été, cette calanque étant très fréquentée, une rotation naturelle s’installe souvent entre les bateaux de passage à la journée et ceux restant pour la nuit, ce qui nécessite une vigilance accrue lors des manœuvres d’approche et de départ.
Île d’if et ses restrictions de navigation périmétrique
Célèbre pour son château rendu mondialement connu par le roman d’Alexandre Dumas, l’île d’If est soumise à une réglementation de navigation spécifique. Un périmètre de sécurité entoure l’île, limitant les possibilités d’approche pour les navires de plaisance, en particulier pendant les horaires de rotation des navettes touristiques. Le mouillage y est très restreint, voire interdit selon les périodes et les arrêtés en vigueur, afin de garantir la sécurité des manœuvres et de préserver les fonds marins fragiles. Vous pourrez néanmoins longer l’île à vitesse réduite, en respectant rigoureusement les distances minimales au rivage et le balisage mis en place. Cette navigation de proximité permet d’admirer les remparts du château d’If depuis la mer, avant de mettre cap à l’est vers le Frioul ou de revenir vers le Vieux-Port. Là encore, une consultation régulière des documents nautiques officiels et des avis urgents aux navigateurs s’impose pour éviter toute infraction.
Passage du chenal de pomègues : courants et précautions bathymétriques
Le chenal séparant Pomègues de Ratonneau constitue un passage stratégique pour les plaisanciers souhaitant faire le tour de l’archipel. Relativement étroit par endroits, il exige une attention particulière à la fois sur le plan des profondeurs et des courants. Par vent fort ou par mer formée, les effets de resserrement peuvent générer un clapot court et désordonné, qui surprend parfois les petites unités à faible franc-bord. La bathymétrie irrégulière, avec la présence de hauts-fonds rocheux, impose de suivre précisément le balisage et la route tracée sur la carte électronique, sans tenter de raccourcis hasardeux. En cas de doute, mieux vaut réduire la vitesse, augmenter la veille visuelle et, si nécessaire, renoncer à ce passage pour privilégier un contournement plus large de l’archipel, notamment lorsque vous naviguez en convoi ou avec des navires peu manœuvrants.
La côte bleue jusqu’à Carry-le-Rouet : chapelet de criques méditerranéennes
À l’ouest de Marseille, la Côte Bleue déroule une succession de petites calanques, anses rocheuses et villages de pêcheurs nichés au pied des collines. Moins fréquentée que le Parc National des Calanques, elle offre pourtant des escales nautiques de grande qualité, particulièrement appréciées des plaisanciers à la recherche de mouillages plus tranquilles. Entre Niolon et Carry-le-Rouet, le littoral alterne zones urbanisées et secteurs protégés par le Parc Marin de la Côte Bleue, où la réglementation du mouillage et de la pêche est renforcée. Naviguer sur cette portion de côte, c’est un peu comme feuilleter un carnet de croquis méditerranéen : chaque crique révèle un nouveau décor, entre viaducs, plages de galets et falaises ocre plongées dans une mer d’un bleu intense.
Calanque de niolon : accès par mer et caractéristiques du mouillage
La calanque de Niolon, dominée par un impressionnant viaduc ferroviaire, constitue la première véritable escale de la Côte Bleue en venant de Marseille. Son petit port de pêche, bien abrité, dispose de quelques places pour les unités de passage, mais celles-ci sont très limitées en haute saison. Le mouillage forain se pratique à l’extérieur de la calanque, sur des fonds mixtes de sable et de roche, avec des profondeurs variant généralement entre 6 et 12 mètres. Attention toutefois aux fonds irréguliers et aux roches isolées, qui imposent une lecture attentive de la carte et, idéalement, une approche lente avec sondeur actif. Niolon étant également un haut lieu de la plongée sous-marine, il convient d’être particulièrement vigilant à la présence de plongeurs et de bateaux de clubs, en réduisant sa vitesse et en maintenant une veille permanente lors des manœuvres.
Port de la redonne et calanque de l’érevine : abris naturels contre la tramontane
Un peu plus à l’ouest, le port de la Redonne et la Calanque de l’Érevine constituent deux excellents abris naturels lorsque la tramontane souffle fort sur le golfe du Lion. Le port de la Redonne offre un bassin bien protégé, mais ses capacités d’accueil pour les visiteurs restent modestes, et une prise de contact préalable avec la capitainerie est vivement conseillée. La calanque de l’Érevine, plus sauvage, propose un mouillage forain sur des fonds de sable et de roche, particulièrement agréable par temps calme ou lorsque le vent de nord-ouest est établi. Comme souvent sur la Côte Bleue, la clé d’un mouillage réussi réside dans le respect scrupuleux des zones de posidonie et dans un bon dimensionnement de la ligne de mouillage, en prévoyant un ratio chaîne/profondeur adapté aux coups de vent potentiels. Vous recherchez un compromis entre authenticité des paysages et sécurité nautique ? Ces deux escales devraient répondre à vos attentes.
Les laurons et carro : zones de mouillage pour voiliers et catamarans
En s’éloignant encore un peu de Marseille, les secteurs des Laurons et de Carro offrent des zones de mouillage appréciées des voiliers et des catamarans, notamment en navigation côtière le long du golfe de Fos. Le port des Laurons, de taille modeste, propose quelques places visiteurs et constitue un bon point de chute en cas de changement brutal de météo. À proximité, de larges zones sur fonds sableux permettent un ancrage relativement confortable, sous réserve de bien s’écarter des routes commerciales menant à l’étang de Berre et au port de Fos-sur-Mer. Carro, quant à lui, est connu pour son port de pêche actif et ses conditions de mer parfois agitées, en particulier lorsque le mistral se renforce. Les catamarans, avec leur faible tirant d’eau, trouvent ici des mouillages intéressants à proximité de la côte, tout en veillant à conserver une marge de sécurité suffisante vis-à-vis des hauts-fonds et des zones rocheuses affleurantes.
Presqu’île de giens et archipel des embiez : escales vers l’est marseillais
En mettant cap à l’est depuis Marseille, les plaisanciers rejoignent progressivement le secteur de la presqu’île de Giens, de Hyères et de l’archipel des Embiez, véritable transition vers la Côte d’Azur. Ces destinations, accessibles en une à deux journées de navigation depuis la rade marseillaise selon la vitesse de votre unité, combinent zones de mouillage sauvages, ports bien équipés et espaces naturels remarquables. La presqu’île de Giens, avec ses deux tombolos uniques en Europe, protège un vaste plan d’eau propice aux activités nautiques, tandis que les îles d’Hyères offrent des criques abritées dans le Parc national de Port-Cros. Plus au nord-ouest, l’archipel des Embiez, au large de Six-Fours et de Bandol, constitue une escale prisée pour un week-end ou une courte croisière au départ de Marseille. Là encore, la réglementation environnementale est particulièrement stricte, mais elle garantit la préservation de paysages marins d’exception et de fonds remarquablement préservés.
Réglementation maritime et zones protégées du littoral marseillais
La multiplication des aires marines protégées entre Marseille, Cassis et la Côte Bleue impose aux plaisanciers une vigilance accrue quant au respect de la réglementation. Vous vous demandez peut-être jusqu’où vous pouvez mouiller, où jeter l’ancre sans risque d’amende ni de dommage écologique ? La réponse tient dans une bonne connaissance des différents statuts de protection : Parc National des Calanques, zones Natura 2000, réserves marines, arrêtés préfectoraux temporaires. Cette « carte juridique » du littoral doit être appréhendée comme une aide à la navigation durable, au même titre que vos cartes marines ou vos instruments électroniques. En anticipant vos escales et en consultant les informations officielles avant chaque sortie, vous réduisez considérablement les risques de non-conformité et contribuez activement à la préservation de la Méditerranée.
Parc national des calanques : restrictions de mouillage et zones interdites
Créé en 2012, le Parc National des Calanques couvre plus de 430 km² d’espaces marins et terrestres entre Marseille, Cassis et La Ciotat. Dans ce périmètre, le mouillage est interdit ou strictement réglementé sur de nombreux secteurs, en particulier dans les calanques emblématiques comme En-Vau, Sormiou ou Morgiou. Des cartes détaillées, disponibles sur les sites officiels du Parc et des services de l’État, précisent les zones de mouillage autorisées, les bouées de corps-morts écologiques ainsi que les couloirs d’accès à la côte. Les patrouilles maritimes veillent au respect de ces règles, et les infractions peuvent donner lieu à des sanctions financières importantes. Pour naviguer sereinement dans le Parc National des Calanques, il est donc indispensable de télécharger les documents mis à jour chaque saison et, si besoin, de s’informer auprès des capitaineries locales avant d’établir votre programme de croisière.
Herbiers de posidonie : sanctions et dispositifs de mouillage écologique
Véritables « forêts sous-marines » de Méditerranée, les herbiers de posidonie jouent un rôle essentiel dans la production d’oxygène, la protection du littoral contre l’érosion et l’abri de nombreuses espèces marines. Pourtant, l’ancrage répété des bateaux dans ces zones a longtemps contribué à leur régression, avec des pertes estimées à plusieurs milliers d’hectares sur l’ensemble du bassin. Pour enrayer ce phénomène, la réglementation française interdit désormais le mouillage sur les herbiers de posidonie dans de nombreux secteurs, notamment autour de Marseille, Cassis et Hyères. Les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros, ainsi qu’à la prise en charge des coûts de remise en état des fonds endommagés. En parallèle, des dispositifs de mouillage écologique (bouées sur ancrages fixes ou systèmes innovants) se déploient progressivement, offrant des alternatives fiables et respectueuses pour les plaisanciers. Apprendre à reconnaître visuellement les herbiers, utiliser un sondeur et privilégier les zones sableuses constituent aujourd’hui des réflexes indispensables pour toute navigation responsable en Méditerranée.
Zones natura 2000 et réserves marines de marseille à la ciotat
Au-delà du Parc National des Calanques, le littoral compris entre Marseille et La Ciotat est également couvert par plusieurs sites Natura 2000 et réserves marines. Ces zones visent à protéger des habitats et des espèces remarquables, comme les grandes nacres, les gorgones ou encore certaines espèces de poissons menacées par la surpêche. Pour les plaisanciers, cela se traduit par des limitations d’activités : vitesse réduite dans certains secteurs, interdiction de pêche ou de plongée autonome, contraintes supplémentaires sur le mouillage. L’analogie avec le code de la route est pertinente : de la même manière que l’on adapte sa conduite en ville ou sur autoroute, il est essentiel d’ajuster ses pratiques nautiques selon le niveau de protection de la zone traversée. En cas de doute, les informations des capitaineries, des clubs de plongée et des sites officiels des collectivités littorales constituent des sources fiables pour naviguer dans le respect de ces espaces sensibles.
Conditions météorologiques et navigation côtière : mistral, levant et état de la mer
La réussite d’une croisière autour de Marseille repose autant sur le choix des escales que sur la bonne anticipation des conditions météorologiques. Le mistral, vent de nord-ouest parfois violent, et le levant, vent d’est générateur de houle longue, façonnent au quotidien l’état de la mer et la sécurité des mouillages. Un mouillage parfaitement abrité par temps calme peut devenir inconfortable, voire dangereux, en quelques heures seulement si le vent tourne et force. C’est pourquoi il est indispensable de consulter régulièrement les bulletins météo marins, d’utiliser plusieurs sources (Météo-France, applications spécialisées, VHF) et d’intégrer ces données dans votre plan de route. En navigation côtière, la prise en compte des effets de relief, des caps exposés et des zones de ressac vous permettra de choisir le meilleur abri en fonction du scénario météorologique attendu.
Face au mistral, les ports et calanques tournés vers le sud ou l’est, comme Port-Miou, le Frioul (côté sud) ou certaines criques de la Côte Bleue, offrent des solutions de repli intéressantes, à condition de disposer d’un mouillage correctement dimensionné et bien croché. À l’inverse, par vent d’est établi, les escales plus ouvertes au large peuvent rapidement devenir roulières, incitant à privilégier des abris mieux protégés des houles de secteur oriental, comme certains ports de la rade de Toulon ou de la baie de La Ciotat. À l’échelle d’une croisière d’une semaine, savoir renoncer à une calanque trop exposée pour lui préférer un mouillage moins spectaculaire mais plus sûr relève d’un véritable réflexe de marin. En définitive, c’est cette capacité d’adaptation aux éléments, alliée au respect de la réglementation et des milieux protégés, qui fera de vos escales autour de Marseille des souvenirs de navigation à la fois inoubliables et responsables.