# Quels musées visiter lors d’un séjour à Marseille ?
Marseille, cité phocéenne millénaire baignée par la Méditerranée, offre une richesse muséale exceptionnelle qui rivalise avec les plus grandes métropoles européennes. Depuis la décision historique du conseil municipal en janvier 2021 d’ouvrir gratuitement l’accès aux collections permanentes de tous les musées municipaux, la culture marseillaise n’a jamais été aussi accessible. Cette politique volontariste permet désormais à chacun, habitant ou visiteur, d’explorer librement un patrimoine culturel s’étendant de l’Antiquité grecque aux avant-gardes contemporaines. La ville compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’institutions muséales, chacune incarnant une facette unique de l’histoire méditerranéenne et de la création artistique.
Le MuCEM : architecture contemporaine et collections méditerranéennes au fort Saint-Jean
Inauguré en 2013 lors de l’année « Marseille-Provence, Capitale européenne de la culture », le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée s’impose comme l’institution culturelle phare de la cité. Ce premier musée national consacré exclusivement aux cultures méditerranéennes occupe un site d’exception à l’entrée du Vieux-Port. L’édifice contemporain, conçu par l’architecte Rudy Ricciotti, se distingue par sa structure audacieuse enveloppée d’une résille de béton fibré ultra-performant (BFUP) qui filtre la lumière méditerranéenne tout en créant des jeux d’ombre spectaculaires.
Le bâtiment moderne du J4, d’une superficie de 15 000 m², dialogue harmonieusement avec le Fort Saint-Jean, forteresse historique du XVIIe siècle récemment réhabilitée. Cette dualité architecturale incarne parfaitement la mission du musée : établir un pont entre patrimoine historique et création contemporaine, entre passé et présent des sociétés méditerranéennes. L’institution conserve plus de 250 000 objets, 350 000 photographies, 150 000 ouvrages et 80 000 documents sonores, constituant ainsi l’une des collections ethnographiques les plus vastes d’Europe.
Le parcours permanent : anthropologie des civilisations euro-méditerranéennes
Les expositions permanentes du MuCEM déploient 3 600 m² répartis sur deux niveaux, offrant une exploration anthropologique fascinante des cultures méditerranéennes. Le parcours muséographique aborde des thématiques aussi diverses que les pratiques agricoles traditionnelles, les croyances religieuses, les migrations contemporaines ou encore les rituels de passage. Cette approche interdisciplinaire permet de comprendre comment les civilisations du pourtour méditerranéen ont tissé, depuis l’Antiquité, des liens culturels complexes malgré leurs différences.
La passerelle panoramique reliant le J4 au fort Saint-Jean
L’une des expériences les plus mémorables du MuCEM réside dans la traversée de la passerelle aérienne de 130 mètres qui relie le bâtiment contemporain au Fort Saint-Jean. Cette promenade suspendue à 12 mètres au-dessus de l’eau offre des panoramas saisissants sur la rade, le Vieux-Port et la basilique Notre-Dame de la Garde. Par beau temps, le regard embrasse l’archipel du Frioul et le château d’If, créant une connexion visuelle et symbolique entre le musée et le territoire maritime qui l’entoure.
Les expositions temporaires thématiques et leur programmation culturelle
Le MuCEM renouvelle régulièrement sa programm
mation en proposant des expositions temporaires ambitieuses, souvent construites autour de grandes thématiques de société : religions et laïcité, migrations, alimentation, conflits, fêtes populaires… Ces expositions croisent archives, objets du quotidien, œuvres d’art, installations multimédia et dispositifs interactifs, ce qui les rend accessibles autant aux spécialistes qu’au grand public. Vous pouvez ainsi passer d’une salle consacrée aux rituels religieux en Méditerranée à un espace immersif sur les routes de l’exil contemporain. La programmation s’enrichit régulièrement de conférences, projections, rencontres avec des chercheurs et ateliers pour les familles, faisant du MuCEM un véritable laboratoire vivant des cultures méditerranéennes.
Pour préparer au mieux votre visite, il est recommandé de consulter en amont la programmation culturelle du MuCEM, disponible en ligne, afin de repérer les temps forts : nocturnes, concerts en plein air, festivals ou journées thématiques. Pensez également à réserver vos billets à l’avance lors des grandes expositions temporaires, très fréquentées en haute saison. Si vous séjournez plusieurs jours à Marseille, combiner une visite du parcours permanent avec une exposition temporaire permet de mieux saisir la richesse des collections et la diversité des approches. Vous verrez ainsi à quel point ce musée est devenu un passage obligé pour comprendre Marseille et plus largement le monde méditerranéen.
Le jardin des migrations et la terrasse panoramique sur le Vieux-Port
Au-delà des salles d’exposition, le MuCEM se découvre aussi en plein air grâce au jardin des migrations, aménagé sur les toits du bâtiment J4 et sur les remparts du Fort Saint-Jean. Ce jardin suspendu, librement accessible, s’inspire des plantes et essences végétales qui ont circulé au fil des siècles entre les rives de la Méditerranée : oliviers, figuiers, grenadiers, herbes aromatiques, plantes médicinales… En flânant entre ces parterres, vous parcourez en quelque sorte une carte botanique des échanges méditerranéens, comme un prolongement vivant des collections du musée.
La promenade se poursuit sur la terrasse panoramique qui ceinture le bâtiment et offre l’un des plus beaux points de vue sur le Vieux-Port de Marseille. Au coucher du soleil, quand la résille de béton se découpe en ombres graphiques sur le sol, le site prend une dimension presque scénographique. Vous pouvez alors simplement vous installer pour admirer les ferries quittant le port, les voiliers rentrant à quai et les lumières de la ville qui s’allument peu à peu. Même sans visiter les expositions, venir au MuCEM pour profiter de ses espaces extérieurs constitue une expérience à part entière, à mi-chemin entre la balade architecturale et la contemplation maritime.
Le palais longchamp : beaux-arts et histoire naturelle dans un monument historique second empire
À quelques stations de métro du centre-ville, le Palais Longchamp s’impose comme l’un des ensembles architecturaux les plus spectaculaires de Marseille. Inauguré en 1869 pour célébrer l’arrivée des eaux de la Durance, ce monument Second Empire abrite aujourd’hui deux institutions majeures : le Musée des Beaux-Arts et le Muséum d’Histoire Naturelle. Lieu idéal si vous ne savez pas quels musées visiter à Marseille en famille, il permet de combiner dans une même visite art, science et promenade au grand air.
Le palais se distingue par sa majestueuse colonnade incurvée, flanquée de deux ailes symétriques qui accueillent les musées, et dominée par un spectaculaire château d’eau orné de sculptures allégoriques. En contrebas, un vaste jardin à la française, prolongé par un parc paysager, offre fontaines, pelouses, aire de jeux et belvédères, parfaits pour faire une pause entre deux salles d’exposition. L’accès au parc est libre, tandis que les collections permanentes des musées, municipales, sont désormais gratuites, ce qui en fait une étape incontournable d’un séjour culturel à Marseille.
Le musée des Beaux-Arts : collections de peintures italiennes et flamandes XVIe-XIXe siècles
Créé en 1801, le Musée des Beaux-Arts de Marseille figure parmi les plus anciens musées de France. Installé dans l’aile gauche du Palais Longchamp, il présente une riche collection de peintures, dessins et sculptures allant du XVIe au XIXe siècle. Les grandes écoles européennes y sont représentées, avec une place de choix accordée aux maîtres italiens et flamands : on y croise notamment des œuvres de Rubens, Jordaens, Pietro da Cortona ou encore Tintoret.
Le parcours met également en lumière des artistes français tels que David, Courbet ou Vernet, ainsi qu’un important fonds consacré aux peintres provençaux et marseillais. Ces œuvres restituent les paysages, les ports et la lumière de la région, offrant un contrepoint local aux grandes toiles d’inspiration religieuse ou mythologique. Pour les amateurs d’histoire de l’art, c’est l’occasion de comparer styles et écoles, de la peinture baroque foisonnante aux compositions néoclassiques plus épurées. Pensez à prévoir au moins une heure pour parcourir les principales salles, davantage si vous aimez vous attarder devant les tableaux.
Le muséum d’histoire naturelle : taxidermie provençale et collections zoologiques
Face au Musée des Beaux-Arts, l’aile droite du Palais Longchamp abrite le Muséum d’Histoire Naturelle, fondé en 1819. Labellisé « Musée de France », il conserve près de 120 000 spécimens couvrant la zoologie, la botanique, la paléontologie et la géologie. Les collections permanentes s’organisent en plusieurs grandes salles thématiques, dont une dédiée à la faune mondiale, une autre aux espèces régionales de Provence, ainsi qu’un espace consacré à l’ostéologie et à la préhistoire.
La salle Provence est particulièrement appréciée des enfants, qui y découvrent une impressionnante série d’animaux naturalisés : oiseaux marins, mammifères de garrigue, espèces montagnardes… Comme un voyage en accéléré à travers les écosystèmes locaux. Les vitrines pédagogiques, les squelettes et fossiles permettent d’aborder l’évolution des espèces et la fragilité de la biodiversité méditerranéenne de manière très concrète. Si vous cherchez un musée de Marseille adapté aux familles, le Muséum d’Histoire Naturelle est une valeur sûre, à la fois instructive et ludique.
L’architecture néo-classique de henry espérandieu et le château d’eau monumental
Au-delà des collections, le Palais Longchamp mérite une visite pour son architecture monumentale signée Henry Espérandieu, également architecte de la basilique Notre-Dame de la Garde. Inspiré des palais italiens et des compositions néo-classiques, l’édifice se structure autour d’un immense perron et d’une colonnade semi-circulaire qui encadre un château d’eau spectaculaire. Ce dernier célèbre l’arrivée de l’eau à Marseille comme un véritable triomphe, avec sculptures, nymphes, animaux et cascades évoquant l’abondance retrouvée.
Cette mise en scène de l’eau, presque théâtrale, rappelle à quel point l’approvisionnement en eau fut un enjeu majeur pour la ville au XIXe siècle. Aujourd’hui encore, la façade du palais, visible depuis les boulevards alentour, fait figure de carte postale emblématique de Marseille. N’hésitez pas à gravir les marches jusqu’au sommet du château d’eau : la vue sur les coupoles, les statues et la perspective des jardins vaut l’effort et offre de belles opportunités de photos, surtout en fin de journée lorsque la pierre blonde se teinte d’ocre.
Les jardins à la française et la colonnade centrale du palais
Au pied du palais, les jardins à la française prolongent l’axe central par une large allée bordée de pelouses, bassins et massifs fleuris. Cette composition régulière, ponctuée de statues et de bancs, invite à la promenade autant qu’au repos. Plus loin, le parc se fait plus paysager, avec des allées sinueuses, des arbres centenaires et des aires de jeux, offrant un véritable poumon vert au cœur de la ville. C’est l’endroit idéal pour pique-niquer après avoir visité les musées, ou simplement pour laisser les enfants courir librement.
La colonnade centrale, qui relie les deux ailes muséales, sert de belvédère sur ce paysage ordonné. S’y promener, c’est un peu comme traverser le décor d’un opéra, tant l’architecture semble pensée pour encadrer le regard et orchestrer la lumière. En combinant visite culturelle et balade dans les jardins, vous profitez pleinement du site, sans vous limiter aux seules salles d’exposition. Vous vous demandez comment optimiser un après-midi à Marseille ? Un passage au Palais Longchamp coche toutes les cases : art, nature et patrimoine.
Le musée cantini : art moderne et collections fauvistes dans un hôtel particulier du XVIIe siècle
S’il est un lieu incontournable pour les amateurs d’art moderne à Marseille, c’est bien le Musée Cantini. Installé dans un élégant hôtel particulier du XVIIe siècle à deux pas de la Canebière, il abrite l’une des plus belles collections publiques françaises consacrées à la période 1900–1960. Le contraste entre l’architecture classique de la demeure et l’audace des œuvres exposées crée un dialogue particulièrement intéressant, comme si le passé offrait un écrin à la modernité.
Les collections permanentes couvrent les grands courants du XXe siècle : fauvisme, cubisme, surréalisme, abstraction… On peut y admirer des œuvres de maîtres tels que Matisse, Braque, Dufy, Derain ou encore Picasso, mais aussi des artistes moins connus qui ont marqué la scène marseillaise. Le musée se distingue notamment par un remarquable ensemble de peintures fauvistes et d’œuvres liées à l’École de Paris. Pour qui souhaite comprendre l’évolution de l’art moderne en Méditerranée, le Cantini est un passage obligé.
Les expositions temporaires, souvent monographiques ou centrées sur un mouvement artistique, viennent régulièrement enrichir l’offre et attirer un public varié. La scénographie soignée, les cartels clairs et les supports de médiation permettent une approche accessible même aux visiteurs peu familiers de l’art du XXe siècle. Notre conseil ? Privilégier une visite en fin de matinée ou en début d’après-midi, moments généralement plus calmes, afin de profiter des salles dans de bonnes conditions. En sortant, le quartier offre de nombreux cafés et terrasses pour prolonger la discussion autour des œuvres découvertes.
Le musée d’histoire de marseille : vestiges archéologiques et épave romaine du port antique
Pour remonter le fil des 2 600 ans d’histoire de la cité phocéenne, direction le Musée d’Histoire de Marseille, situé au sein du Centre Bourse, à deux pas du Vieux-Port. Entièrement rénové en 2013, il propose un parcours muséographique de 3 500 m² retraçant l’évolution de la ville, de la fondation de Massalia par les Grecs jusqu’à la métropole contemporaine. C’est l’un des meilleurs musées de Marseille pour saisir en une seule visite la profondeur historique de la ville.
Le musée conserve plus de 4 000 pièces, allant des amphores et mosaïques antiques aux maquettes urbaines, en passant par des objets de la vie quotidienne, des instruments de navigation ou encore des documents d’archives. Des dispositifs multimédias, des reconstitutions et des projections en réalité augmentée viennent compléter les vitrines traditionnelles, rendant la visite à la fois didactique et immersive. Grâce à cette scénographie moderne, vous visualisez concrètement comment le port, les remparts et les quartiers se sont transformés au fil des siècles.
Le parcours chronologique : de massalia grecque à la cité phocéenne contemporaine
Le parcours s’organise de manière chronologique, ce qui facilite la compréhension pour les visiteurs qui découvrent l’histoire marseillaise pour la première fois. On commence par la Massalia grecque, comptoir fondé vers 600 av. J.-C. par des colons venus de Phocée, dont témoignent céramiques, objets de commerce et vestiges d’urbanisme. La section romaine illustre ensuite la transformation de la ville en port stratégique de l’Empire, avec l’essor du commerce maritime et l’implantation de nouveaux quartiers.
Les salles consacrées au Moyen Âge et à l’époque moderne montrent comment Marseille a su se relever des épidémies, des sièges et des crises économiques, tout en affirmant progressivement son rôle de porte de l’Orient. Maquettes, plans anciens et peintures restituent le visage de la ville à différentes périodes, comme un album-photo feuilleté à travers le temps. La partie contemporaine aborde enfin les grandes mutations du XXe siècle : industrialisation, immigration, guerre, reconstruction, jusqu’aux projets urbains récents comme Euroméditerranée. Vous en ressortez avec une vision globale de la ville, précieuse pour comprendre ce que vous voyez ensuite en vous promenant dans les rues.
L’épave de la bourse : bateau marchand romain du IIIe siècle conservé in situ
L’un des trésors les plus fascinants du Musée d’Histoire de Marseille est sans doute l’« épave de la Bourse », un bateau marchand romain du IIIe siècle mis au jour lors de fouilles archéologiques dans les années 1970. Exceptionnellement bien conservée, cette embarcation a été maintenue in situ, c’est-à-dire sur le lieu même de sa découverte, au sein du musée. Une structure protectrice et une mise en lumière soignée permettent d’observer de près la charpente du navire, comme si vous vous trouviez dans une cale à ciel ouvert.
Des panneaux explicatifs, maquettes et animations numériques détaillent les techniques de construction navale antiques, les routes commerciales de l’époque et le type de marchandises transportées. C’est un peu comme ouvrir les coulisses du port antique de Marseille, en découvrant l’envers du décor des échanges méditerranéens. Pour les enfants comme pour les adultes, cette section évoque presque un roman d’aventures, à mi-chemin entre archéologie et récit maritime. Ne manquez pas cet espace lors de votre visite, tant il illustre concrètement le rôle central du commerce maritime dans l’histoire de la ville.
Le jardin des vestiges : site archéologique à ciel ouvert du port antique
En prolongement direct du musée, le Jardin des Vestiges est un site archéologique à ciel ouvert qui rassemble les principaux vestiges du port antique de Marseille. Classé monument historique, il permet d’arpenter les ruines des quais, de la voie romaine, d’un bassin de radoub et de plusieurs édifices d’époque grecque et romaine. En se promenant entre ces blocs de pierre et ces fondations, on mesure physiquement l’étendue de l’ancienne Massalia, aujourd’hui enfouie sous le tissu urbain moderne.
Des panneaux explicatifs jalonnent le parcours et replacent chaque structure dans son contexte, aidant à imaginer le va-et-vient des navires, des marchands et des dockers il y a deux millénaires. En été, des visites guidées et des ateliers pédagogiques sont souvent proposés, ce qui enrichit encore l’expérience. Vous cherchez un lieu où l’on peut littéralement marcher sur l’histoire de Marseille ? Le Jardin des Vestiges, accessible depuis le Musée d’Histoire, répond parfaitement à cette attente, en faisant le lien entre le récit muséal et le terrain archéologique.
La vieille charité : centre culturel baroque abritant musées d’archéologie méditerranéenne et d’arts africains
Au cœur du quartier du Panier, la Vieille Charité offre un tout autre visage de Marseille, plus intimiste et baroque. Construit au XVIIe siècle pour accueillir les indigents, cet ancien hospice conçu par l’architecte Pierre Puget s’organise autour d’une vaste cour rectangulaire encadrée de galeries à arcades, au centre de laquelle se dresse une chapelle ovoïde coiffée d’un dôme. Restauré dans la seconde moitié du XXe siècle, l’ensemble est aujourd’hui un important centre culturel qui réunit musées, centre de recherche, librairie et salle de projection.
Deux institutions principales y sont installées : le Musée d’Archéologie Méditerranéenne (MAM) et le Musée d’Arts Africains, Océaniens et Amérindiens (MAAOA). Le premier propose un remarquable parcours à travers les civilisations de l’Antiquité, de l’Égypte pharaonique au monde gréco-romain, en passant par les cultures du Proche-Orient. Le second met à l’honneur les arts extra-européens, avec une riche collection de masques, sculptures, objets rituels et œuvres contemporaines issues des trois continents. La Vieille Charité est ainsi l’un des rares lieux où l’on peut, en quelques heures, voyager du Nil à l’Amazonie en passant par les archipels du Pacifique.
Le cadre architectural participe grandement au charme de la visite : les salles d’exposition donnent souvent sur les galeries qui entourent la cour, laissant entrer une lumière douce filtrée par les arcades. Entre deux sections muséales, vous pouvez sortir quelques minutes pour profiter de la quiétude du lieu, vous asseoir sur un banc ou photographier les façades de pierre rose. C’est un peu comme faire une parenthèse hors du temps, loin de l’animation du centre-ville pourtant tout proche. Pour celles et ceux qui souhaitent approfondir la dimension méditerranéenne et mondiale de Marseille, la Vieille Charité est un passage obligé.
Les musées thématiques de niche : du savon de marseille au château borély
Au-delà des grandes institutions, Marseille regorge de musées thématiques plus confidentiels qui racontent chacun une facette originale de l’identité locale. Vous vous demandez quels musées visiter à Marseille pour sortir des sentiers battus ? Les musées du savon, de la mode ou encore les collections dédiées aux arts décoratifs offrent des expériences complémentaires et souvent très accessibles. Ils sont idéaux pour enrichir votre séjour de découvertes plus ciblées, en lien avec l’art de vivre marseillais et provençal.
Parmi eux, le Musée du Savon de Marseille, installé à la Savonnerie du Midi ou à la Licorne selon les sites, plonge le visiteur au cœur d’un savoir-faire pluriséculaire. Entre anciennes cuves, outils de fabrication, affiches publicitaires et ateliers de démonstration, vous découvrez comment ce cube de savon apparemment simple est devenu un véritable emblème de la ville. Les visites guidées détaillent les différentes étapes de la saponification, les matières premières utilisées et les enjeux de protection de l’appellation « savon de Marseille ». C’est le lieu idéal pour repartir avec un souvenir authentique, utile au quotidien.
Autre pépite : le Château Borély, luxueuse bastide du XVIIIe siècle nichée au cœur du parc éponyme, qui abrite le Musée des Arts Décoratifs, de la Faïence et de la Mode. Les collections y déploient près de 2 500 objets, du mobilier d’époque aux créations de designers contemporains, en passant par des céramiques de Marseille et Moustiers, des verres, tapisseries et accessoires de mode. Des period rooms reconstituées permettent de se projeter dans l’intimité des grandes familles négociantes marseillaises, tandis que la galerie de la mode présente des silhouettes signées par de grands couturiers comme Yves Saint Laurent ou Pierre Balmain.
Ces musées de niche constituent autant de portes d’entrée différentes sur Marseille : l’un par la salle de bains et les gestes quotidiens, l’autre par les salons d’apparat et l’élégance vestimentaire. En les intégrant à votre itinéraire, vous composez un séjour sur mesure, entre grands classiques et découvertes plus pointues. Une bonne stratégie consiste à combiner, dans une même journée, un musée majeur et un musée thématique situé à proximité (par exemple, le MuCEM et Cosquer Méditerranée, ou le Château Borély et une séance de baignade aux plages du Prado). Ainsi, votre exploration culturelle de Marseille devient à la fois riche, variée et parfaitement adaptée à vos envies.