Femme et sa mère âgée assises dans un jardin méditerranéen provençal
Publié le 24 janvier 2026

⚠️ Information importante

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Les montants et conditions mentionnés peuvent varier selon votre département et évoluer. Consultez un assistant social ou le CCAS de votre commune pour une étude personnalisée de votre situation.

2726 € par mois. C’est le coût moyen d’un EHPAD en région PACA, selon une analyse comparative régionale 2025. Face à une retraite moyenne qui dépasse rarement 1 400 €, l’équation semble impossible. Pourtant, plusieurs dispositifs permettent de réduire significativement ce reste à charge : APA, ASH, APL, aides des caisses de retraite, avantages fiscaux. Encore faut-il les connaître et savoir les mobiliser au bon moment.

Les principales aides pour réduire le coût d’un EHPAD en PACA

La facture mensuelle d’un EHPAD se décompose en trois tarifs : hébergement, dépendance et soins. Seuls les deux premiers restent à la charge du résident et de sa famille. Les soins sont intégralement pris en charge par l’Assurance maladie. Cette distinction est fondamentale : elle conditionne les aides mobilisables.

Cas concret : Martine, placement de sa mère à Nice en 2024

Martine, 58 ans, cadre commerciale, devait placer sa mère de 84 ans (GIR 2) en EHPAD. Reste à charge initial estimé : 1 800 €/mois pour une retraite maternelle de 1 400 €. Après accompagnement, elle a obtenu l’APA (580 €), l’APL (180 €) et une aide CARSAT (200 €). Résultat : reste à charge ramené à 850 €/mois.

Ce cas illustre une réalité que je constate régulièrement dans mon accompagnement des familles en PACA : la plupart ignorent qu’elles peuvent cumuler plusieurs dispositifs. L’erreur la plus fréquente ? Ne demander que l’APA.

Femme écoutant un conseiller dans un bureau lumineux
Un accompagnement personnalisé permet d’identifier toutes les aides disponibles

L’APA en établissement : une prise en charge du tarif dépendance

L’Allocation Personnalisée d’Autonomie en établissement couvre tout ou partie du tarif dépendance facturé par l’EHPAD. Selon les données 2025 de la CNSA, ce tarif représente environ 19 € par jour pour les personnes en GIR 1 ou 2, soit près de 570 € mensuels.

Bonne nouvelle : l’APA n’est pas soumise à un plafond de ressources pour y être éligible. Tout le monde peut la demander. En revanche, une participation financière est calculée selon vos revenus. Si ceux-ci restent inférieurs à 2 846,77 € par mois (barème 2026), vous ne payez que le ticket modérateur. C’est un point crucial.

Attention : seules les personnes classées GIR 1 à 4 peuvent prétendre à l’APA. Les GIR 5 et 6, considérés comme peu ou pas dépendants, n’y ont pas droit.

L’ASH : quand le département prend en charge le reste

L’Aide Sociale à l’Hébergement intervient lorsque les ressources du résident et les aides déjà perçues ne suffisent pas à couvrir les frais d’hébergement. Le département règle alors la différence directement à l’établissement.

Selon Service-Public.fr, le résident conserve au minimum 10 % de ses revenus, et jamais moins de 125 € par mois pour ses dépenses personnelles. Si un conjoint reste au domicile, celui-ci conserve au moins 1 043,59 € mensuels. Ces seuils protègent le pouvoir d’achat minimal.

L’ASH n’est pas un cadeau. Elle est récupérable sur la succession du bénéficiaire après son décès. J’y reviens dans la section questions fréquentes.

Les 5 principales aides pour financer un EHPAD
Aide Conditions principales Montant indicatif Cumul possible
APA établissement GIR 1 à 4, 60 ans+ Variable selon revenus et GIR Oui (APL, réduction impôt)
ASH Ressources insuffisantes Complément hébergement Oui (APA, APL)
APL EHPAD conventionné 150-250 €/mois Oui (APA, ASH)
Réduction d’impôt Frais dépendance + hébergement Jusqu’à 2 500 €/an Oui (APA)
Aides caisses retraite Selon caisse et situation 100-400 €/mois Oui (toutes)

La réduction d’impôt mérite qu’on s’y attarde. Selon le dispositif fiscal en vigueur, elle représente 25 % des frais de dépendance et d’hébergement, dans la limite de 10 000 € de dépenses annuelles. Le montant maximal de réduction d’impôt s’élève donc à 2500 € par an et par personne. Un projet de transformation en crédit d’impôt pour 2026 permettrait aux non-imposables d’en bénéficier également.

Les aides spécifiques en région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Votre département de résidence change la donne. Ce n’est pas une nuance : c’est une différence de plusieurs centaines d’euros par mois. Les tarifs EHPAD, les barèmes APA et les délais d’instruction varient significativement entre les six départements de la région.

1 250€

d’écart mensuel constaté entre départements PACA

Différences de tarifs entre départements PACA

Les Bouches-du-Rhône affichent un tarif moyen de 2 879 € par mois, contre 2 726 € pour la moyenne régionale. Les Alpes-Maritimes restent le département le plus cher de la région. Le secteur privé commercial dépasse systématiquement les 3 000 € mensuels. Ces écarts s’expliquent par le foncier, la densité de l’offre et le positionnement des établissements.

Si vous recherchez un établissement dans les Alpes-Maritimes, notamment un EHPAD à Antibes, anticipez un budget supérieur à la moyenne régionale. C’est le prix de la proximité avec le littoral.

Façade extérieure d'une résidence pour personnes âgées en Provence avec jardin méditerranéen
Les établissements provençaux intègrent souvent des espaces verts méditerranéens

Les aides complémentaires des caisses de retraite

Les caisses de retraite complémentaire (CARSAT, Agirc-Arrco) proposent des aides extra-légales souvent méconnues. Leur montant varie selon la caisse, l’ancienneté de cotisation et la situation du retraité. Comptez entre 100 et 400 € mensuels pour les cas les plus favorables.

Ce que les familles ignorent généralement : ces aides ne sont pas automatiques. Vous devez les demander explicitement à chaque organisme. Certaines mutuelles et contrats de prévoyance prévoient également des prestations dépendance. Vérifiez systématiquement les anciens contrats de votre proche.

Attention : Les aides des caisses de retraite sont soumises à des critères propres à chaque organisme. Les délais de réponse peuvent atteindre 2 à 3 mois. Anticipez vos demandes dès que le placement est envisagé, pas après l’entrée en établissement.

Comment demander ces aides : démarches et délais réels

Dans mon accompagnement des familles en région PACA, je constate régulièrement que la demande d’APA est déposée après l’entrée en établissement. Conséquence : 1 à 2 mois sans prise en charge, soit 400 à 800 € de reste à charge évitable. Ce constat concerne les familles que j’accompagne et peut varier selon le département et la réactivité dans la constitution du dossier.

La règle d’or : déposez vos demandes dès que le placement est envisagé, même si vous n’avez pas encore trouvé l’établissement. L’APA peut être demandée avant l’entrée effective. Elle sera ajustée ensuite.

Les délais d’instruction varient selon les départements. Comptez pour l’APA après la visite d’évaluation du GIR, environ 30 jours pour l’APL si le dossier est complet, et 60 à 90 jours pour l’ASH. Ces délais sont des moyennes constatées dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes entre 2024 et 2025. Ils peuvent s’allonger en période de forte demande.

Les étapes pour constituer vos dossiers d’aides

  1. Demandez une évaluation GIR

    Contactez le service autonomie de votre conseil départemental. Une équipe médico-sociale se déplacera pour évaluer le niveau de dépendance de votre proche. Cette évaluation conditionne l’éligibilité à l’APA.

  2. Déposez la demande d’APA

    Remplissez le formulaire cerfa ou le formulaire départemental. Joignez les justificatifs de ressources, d’identité et le certificat médical. Précisez qu’il s’agit d’une demande pour entrée en établissement.

  3. Sollicitez l’APL auprès de la CAF

    Vérifiez que l’EHPAD est conventionné. Faites la demande en ligne sur caf.fr dès l’entrée effective. Le droit est ouvert à partir du mois suivant l’entrée.

  4. Évaluez l’opportunité de l’ASH

    Si les ressources restent insuffisantes malgré l’APA et l’APL, contactez le CCAS de la commune de résidence. L’ASH implique une enquête sur les ressources familiales et un recours possible sur succession.

  5. Contactez les caisses de retraite

    Appelez la CARSAT et les caisses complémentaires pour connaître les aides disponibles. Chaque organisme a ses propres formulaires et critères.

Préparer un dossier complet dès le premier dépôt évite les allers-retours et accélère l’instruction. Voici les pièces indispensables.

Pièces à réunir pour vos demandes d’aides EHPAD

  • Photocopie de la carte d’identité ou du passeport du résident
  • Dernier avis d’imposition ou de non-imposition
  • Relevés de tous les comptes bancaires (3 derniers mois)
  • Justificatifs de pension de retraite (tous régimes)
  • Certificat médical mentionnant la perte d’autonomie

Pour l’ASH, ajoutez les justificatifs de patrimoine (taxe foncière, relevés d’épargne) et les coordonnées des obligés alimentaires. Ne sous-estimez pas ce dernier point.

Simuler votre reste à charge : les questions les plus fréquentes

Le patrimoine familial sera-t-il saisi ? Les enfants devront-ils payer ? Ces questions reviennent systématiquement. Elles méritent des réponses claires.

Quelle aide demander en priorité selon votre situation ?

  • Si votre proche a des revenus supérieurs à 2 500 €/mois :
    Demandez l’APA (participation réduite) et la réduction d’impôt. L’ASH ne sera pas accordée, et l’APL sera faible ou nulle.
  • Si les revenus sont entre 1 200 et 2 500 €/mois :
    Demandez l’APA, l’APL et contactez les caisses de retraite. L’ASH peut être envisagée si le reste à charge dépasse 500 € après ces aides.
  • Si les revenus sont inférieurs à 1 200 €/mois :
    Demandez toutes les aides simultanément : APA, APL, ASH, caisses de retraite. L’ASH sera probablement nécessaire pour boucler le budget.
  • Si le placement est urgent (hospitalisation, chute grave) :
    Priorisez l’entrée en établissement. Les demandes d’aides peuvent être déposées dans les semaines suivantes. L’APA est rétroactive à la date de dépôt.

Questions fréquentes sur le financement EHPAD en PACA

Peut-on cumuler l’APA, l’APL et l’ASH ?

Oui, ces trois aides sont cumulables. L’APA couvre le tarif dépendance, l’APL réduit le tarif hébergement, et l’ASH complète si le reste à charge dépasse les ressources disponibles. Chaque aide intervient sur un poste différent de la facture.

L’ASH est-elle récupérée sur la succession ?

Oui, l’ASH peut faire l’objet d’un recours sur la succession du bénéficiaire après son décès. Ce recours s’applique sur la partie de l’actif net successoral dépassant un certain seuil. Consultez le service social pour évaluer l’impact sur votre situation patrimoniale avant de demander cette aide.

Qu’est-ce que l’obligation alimentaire ?

Le Code civil impose aux enfants et petits-enfants de contribuer aux frais d’hébergement de leurs ascendants dans le besoin. Dans le cadre de l’ASH, le département calcule la participation de chaque obligé alimentaire selon ses revenus et charges. Cette répartition peut générer des tensions familiales. Anticipez cette discussion en famille avant le dépôt du dossier.

L’APA est-elle rétroactive ?

L’APA prend effet à compter de la date de dépôt du dossier complet, pas de la date de notification. Si vous déposez votre demande le 15 janvier et recevez la réponse le 15 mars, les deux mois seront pris en compte rétroactivement.

Limites et précautions : Les montants APA et ASH varient selon les barèmes départementaux. Les délais d’instruction mentionnés sont des moyennes constatées et peuvent fluctuer. Chaque situation familiale et patrimoniale nécessite une analyse personnalisée par un assistant social. L’ASH implique un risque de recours sur succession et de tensions familiales si l’obligation alimentaire est mal anticipée.

La vraie question maintenant : quel accompagnement souhaitez-vous pour votre proche ? Un EHPAD proche pour des visites régulières, un établissement spécialisé pour une pathologie particulière, un budget maîtrisé quitte à élargir la zone de recherche ? Ces arbitrages vous appartiennent. Les aides financières existent pour les rendre possibles.

Rédigé par Antoine Tramoni, conseiller spécialisé dans l'accompagnement des familles pour la recherche d'établissements pour personnes âgées en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il aide les proches à identifier les aides financières disponibles et à constituer leurs dossiers depuis plusieurs années. Son expertise porte sur le maillage des dispositifs nationaux et départementaux, l'optimisation du reste à charge et la coordination avec les services sociaux. Il accompagne les familles dans leur parcours, de la recherche d'établissement jusqu'à l'entrée effective du résident.